ABONNEMENT STEFINEL 7 : Mise à jour N°8

ECOUTE DICHOTIQUE

   
 
Alain ALVO, orthophoniste,
vous présente l’écoute dichotique en tant qu’outil de rééducation orthophonique
 

 

3- Le mémoire d’orthophonie
 
En ce qui concerne le mémoire de 1980, ma collègue de mémoire et moi-même avions retenu, pour notre étude, un peu plus de cent enfants (107, pour être précis : 56 en CE1 et 51 en CE2) après un examen global initial de 380 enfants. Les enfants retenus constituant un groupe le plus homogène possible (pas de difficultés majeures, ni en langage oral -expression et compréhension- ni sur le plan scolaire et bon audiogramme.
Nous disposions d’un audiomètre portatif et d’un protocole d’examen de la latéralité manuelle.

Pour l’écoute dichotique, nous utilisions un magnétophone à cassettes stéréo, double piste ; les stimuli du canal gauche et ceux du canal droit ayant été enregistrés sur deux pistes différentes, équilibrées en intensité sonore, puis synchronisées ; il s’agissait exclusivement de mots (monosyllabiques, bisyllabiques et trisyllabiques).

En résumé, les conclusions que nous avons tirées de cette étude, sont les suivantes
:
(Pour certaines, elles recoupent ce qui est à présent écrit dans les différents articles disponibles sur le sujet) :

1/ Il semble exister une accoutumance aux conditions d'écoute dichotique, et les performances sont meilleures pour les mots plus longs par rapport aux mots monosyllabiques ; ces derniers seraient donc plutôt à utiliser après un "apprentissage", à l'aide de mots tri puis bi-syllabiques

2/ Il existe un rapport entre l'oreille dominante d'un enfant et son degré de latéralité pour la main. Cependant, pour les gauchers, l'oreille dominante n'est pas mise en évidence de façon nette ; la tendance de la population de gauchers tend vers une dominance de l'oreille gauche, sans toutefois atteindre les valeurs maximum de cette tendance (coefficients de corrélations)

L'un des objectifs de cette étude était éventuellement de préparer un "matériel" permettant d'affiner les capacités de discrimination auditive, via l'oreille dominante, en vue, par exemple, d'optimiser la différenciation sourde/sonore ou la capacité d’analyser la nature et l’ordre de succession des sons entendus.
En ce qui concerne les méthodes controversées de rééducation par l'oreille, je ne tiens nullement à lancer (ou relancer) une quelconque polémique. C'est pourquoi je dirai simplement que les études sur l'écoute dichotique, fort nombreuses, sont des études scientifiques, menées par des "sommités".