En ce qui concerne le mémoire de 1980, ma collègue de mémoire et moi-même avions retenu, pour notre étude, un
peu plus de cent enfants (107, pour être précis : 56 en CE1 et 51 en CE2) après un examen global initial de 380
enfants. Les enfants retenus constituant un groupe le plus homogène possible (pas de difficultés majeures, ni en
langage oral -expression et compréhension- ni sur le plan scolaire et bon audiogramme.
Nous disposions d’un audiomètre portatif et d’un protocole d’examen de la latéralité manuelle.
Pour l’écoute dichotique, nous utilisions un magnétophone à cassettes stéréo, double piste ; les stimuli du canal
gauche et ceux du canal droit ayant été enregistrés sur deux pistes différentes, équilibrées en intensité sonore, puis
synchronisées ; il s’agissait exclusivement de mots (monosyllabiques, bisyllabiques et trisyllabiques).
En résumé, les conclusions que nous avons tirées de cette étude, sont les suivantes :
(Pour certaines, elles recoupent ce qui est à présent écrit dans les différents articles disponibles sur le sujet) :
1/ Il semble exister une accoutumance aux conditions d'écoute dichotique, et les performances sont meilleures
pour les mots plus longs par rapport aux mots monosyllabiques ; ces derniers seraient donc plutôt à utiliser après
un "apprentissage", à l'aide de mots tri puis bi-syllabiques
2/ Il existe un rapport entre l'oreille dominante d'un enfant et son degré de latéralité pour la main. Cependant, pour
les gauchers, l'oreille dominante n'est pas mise en évidence de façon nette ; la tendance de la population de
gauchers tend vers une dominance de l'oreille gauche, sans toutefois atteindre les valeurs maximum de cette
tendance (coefficients de corrélations)
L'un des objectifs de cette étude était éventuellement de préparer un "matériel" permettant d'affiner les capacités de
discrimination auditive, via l'oreille dominante, en vue, par exemple, d'optimiser la différenciation sourde/sonore ou
la capacité d’analyser la nature et l’ordre de succession des sons entendus.
En ce qui concerne les méthodes controversées de rééducation par l'oreille, je ne tiens nullement à lancer (ou
relancer) une quelconque polémique. C'est pourquoi je dirai simplement que les études sur l'écoute dichotique, fort
nombreuses, sont des études scientifiques, menées par des "sommités".