Depuis quelque temps, je suis l’un des (heureux) testeurs des logiciels Stéfinel. Et depuis longtemps, je « harcèle »
( !) Bernard Laidet (qui s’occupe de la partie logicielle de Stéfinel, tandis que son épouse Claudie, s’occupe de la
partie orthophonique) afin qu’il mette au point un outil permettant d’utiliser l’écoute dichotique en rééducation
orthophonique. Le projet a maintenant vu le jour. Nous ne prétendons pas qu’il soit totalement abouti, car il y a, sans
aucun doute, encore beaucoup à faire en ce domaine, non encore réellement exploré, du point de vue rééducation.
L’idée « de base » était de cibler l’hémisphère ad hoc, permettant une éducation-rééducation auditive, tant du point
de vue discrimination phonétique que du point de vue ordre de succession des sons entendus. De même, du point
de vue rythme et prosodie, l’hémisphère ad hoc pourrait également être l’objet d’une optimisation par l’écoute
dichotique.
Pour les musiques et les ambiances sonores, Bernard Laidet a réussi un contrôle sonore, dosable et orientable
droite, gauche ou stéréo, totalement indépendant des contrôles de la carte-son de l’ordinateur, et, il a rajouté, dans
les options de choix de stimuli de type syllabiques et mots, existant déjà dans deux logiciels Stéfinel, Tango des
sons et Valse sons, la possibilité de choisir canal droit seul, ou canal gauche seul. Ce type de contrôle indépendant
existe pour deux autres logiciels Stéfinel :
- Epellaclic , où il s’agit de reconnaître un mot ou un logatome épelé (parmi des cibles proches ou éloignées)
- Tam Tam Rythme, un logiciel de reproduction de structures rythmiques. |
En ce qui concerne la rééducation orthophonique, l’idée est d’envoyer, avec un casque, si le patient est droitier, une
ambiance musicale ou autre (par exemple : bruit de vagues ou cris dans une piscine) dans l’oreille gauche, tout en
envoyant des syllabes, des mots ou d’autres stimuli à identifier, dans l’oreille droite, le patient devant cliquer sur
l’écran de l’ordinateur, par exemple, sur la syllabe entendue.
Au préalable, on aura choisi, par exemple, comme stimuli, plusieurs couples de syllabes s’opposant par la
différence : consonne sourde/consonne sonore ou par l’ordre de succession des phonèmes dans des groupes
consonantiques (bli/bil, …)
L’exercice se pratique à l’aide de deux casques, un pour le patient et un pour l’orthophoniste, ces casques,
identiques pour éviter de trop grandes différences de volume sonore entre eux, étant reliés par une simple prise en
Y, à la sortie son de l’ordinateur.
Il est essentiel d’avoir effectué, préalablement, un test d’audition en voix chuchotée oreille
par oreille, par gamme de fréquences (théoriquement, lors du bilan orthophonique) et de tenir compte de la latéralité
manuelle du patient.
Bernard Laidet et moi-même croyons sincèrement à cet outil, compte-tenu :
- des spécificités hémisphériques
- des voies auditives et de leur « polarisation » en cas d’écoute dichotique
- de la plasticité cérébrale, en général |
Nous espérons que ce projet, quelque peu empirique pour le moment (quoique reposant dans la théorie, sur des
bases scientifiquement reconnues) devienne une réalité de fait, et « un plus » dans la rééducation orthophonique.