ABONNEMENT STEFINEL 7 : Mise à jour N°8

ECOUTE DICHOTIQUE

   
 
Alain ALVO, orthophoniste,
vous présente l’écoute dichotique en tant qu’outil de rééducation orthophonique
 
 
 
5- Ecoute dichotique et Stéfinel
 

Depuis quelque temps, je suis l’un des (heureux) testeurs des logiciels Stéfinel. Et depuis longtemps, je « harcèle » ( !) Bernard Laidet (qui s’occupe de la partie logicielle de Stéfinel, tandis que son épouse Claudie, s’occupe de la partie orthophonique) afin qu’il mette au point un outil permettant d’utiliser l’écoute dichotique en rééducation orthophonique. Le projet a maintenant vu le jour. Nous ne prétendons pas qu’il soit totalement abouti, car il y a, sans aucun doute, encore beaucoup à faire en ce domaine, non encore réellement exploré, du point de vue rééducation.

L’idée « de base » était de cibler l’hémisphère ad hoc, permettant une éducation-rééducation auditive, tant du point de vue discrimination phonétique que du point de vue ordre de succession des sons entendus. De même, du point de vue rythme et prosodie, l’hémisphère ad hoc pourrait également être l’objet d’une optimisation par l’écoute dichotique.

Pour les musiques et les ambiances sonores, Bernard Laidet a réussi un contrôle sonore, dosable et orientable droite, gauche ou stéréo, totalement indépendant des contrôles de la carte-son de l’ordinateur, et, il a rajouté, dans les options de choix de stimuli de type syllabiques et mots, existant déjà dans deux logiciels Stéfinel, Tango des sons et Valse sons, la possibilité de choisir canal droit seul, ou canal gauche seul. Ce type de contrôle indépendant existe pour deux autres logiciels Stéfinel :

- Epellaclic , où il s’agit de reconnaître un mot ou un logatome épelé (parmi des cibles proches ou éloignées)
- Tam Tam Rythme, un logiciel de reproduction de structures rythmiques.

En ce qui concerne la rééducation orthophonique, l’idée est d’envoyer, avec un casque, si le patient est droitier, une ambiance musicale ou autre (par exemple : bruit de vagues ou cris dans une piscine) dans l’oreille gauche, tout en envoyant des syllabes, des mots ou d’autres stimuli à identifier, dans l’oreille droite, le patient devant cliquer sur l’écran de l’ordinateur, par exemple, sur la syllabe entendue.
Au préalable, on aura choisi, par exemple, comme stimuli, plusieurs couples de syllabes s’opposant par la différence : consonne sourde/consonne sonore ou par l’ordre de succession des phonèmes dans des groupes consonantiques (bli/bil, …)

L’exercice se pratique à l’aide de deux casques, un pour le patient et un pour l’orthophoniste, ces casques, identiques pour éviter de trop grandes différences de volume sonore entre eux, étant reliés par une simple prise en Y, à la sortie son de l’ordinateur.

Il est essentiel d’avoir effectué, préalablement, un test d’audition en voix chuchotée oreille par oreille, par gamme de fréquences (théoriquement, lors du bilan orthophonique) et de tenir compte de la latéralité manuelle du patient.

Bernard Laidet et moi-même croyons sincèrement à cet outil, compte-tenu :

- des spécificités hémisphériques
- des voies auditives et de leur « polarisation » en cas d’écoute dichotique
- de la plasticité cérébrale, en général

Nous espérons que ce projet, quelque peu empirique pour le moment (quoique reposant dans la théorie, sur des bases scientifiquement reconnues) devienne une réalité de fait, et « un plus » dans la rééducation orthophonique.